4. Lorsque Mitchel reprit ses esprits

Quelle ne fut pas sa surprise en ouvrant les yeux ! Où était-il ? Que s'était-il passé ? Il essaya avec peine de retrouver le fil des événements, mais en vain. Le plafond blanc de la pièce dans laquelle il gisait ne l'inspirait guère. Il referma les yeux. Peut-être le calme du silence et de l'obscurité raviveront-ils ses souvenirs ? Puis, une douleur quasi insupportable lui traversa le corps si intensément qu'il rouvrit ses paupières. Un frisson glacial lui parcourut la poitrine. Raphaël. C'est çà, Raphaël... Toute la scène de l'accident se dessina finalement : le choc, le bruit de tôle puis, plus rien, néant.

«Raphaël, où es-tu ? comment vas-tu ?», songea-t-il. Et s'il ne s'en était pas sorti ? «Je dois savoir !», s'écria Mitchel, inquiet. «La mort était-elle venue le prendre au moment où, enfin, la chance nous avait trouvés ? Non ! Non ! C'est impossible ! Pas maintenant !»

L'infirmière chargée de la surveillance de l'accidenté entra alors dans la pièce.

«Enfin. Je vais finalement savoir», pensa Michel. Mais lorsqu'il voulut poser la question fatidique, aucun son ne put sortir d'entre ses lèvres. Comme plongée dans une paralysie profonde, sa mâchoire ne voulut pas acquiescer à la demande de sa volonté d'éloigner le doute qui l'envahissait. Il tenta une seconde fois, sans succès, de s'exprimer.

Mitchel tenta alors d'attirer l'attention de sa «visiteuse». «S'appro-chera-t-elle suffisamment pour que je puisse intercepter son regard ?», se dit-il. Cette pensée ne lui avait qu'à peine traversé l'esprit que déjà, cette femme en blouse blanche s'éclipsait, aussi vite qu'elle était apparue...